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L'ANS lance un appel d'offres de 203 M€ pour moderniser son infrastructure numérique cœur

L'Agence du numérique en santé publie au BOAMP un appel d'offres de 203 millions d'euros pour l'évolution et l'exploitation de son infrastructure numérique centrale, organisé en huit lots avec des exigences de certification HDS et SecNumCloud.

Équipe ASN

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Application Santé Numérique

L'ANS lance un appel d'offres de 203 M€ pour moderniser son infrastructure numérique cœur

Un marché à 203 M€ au cœur de la santé numérique française

L’Agence du numérique en santé (ANS) a publié le 23 juin 2026 au Bulletin officiel des annonces de marchés publics (BOAMP) un appel d’offres d’une valeur maximale de 203 millions d’euros. Ce marché porte sur ses systèmes d’information principaux — désignés sous le terme « SI-cœur » — ainsi que sur ses portails numériques, l’ensemble devant migrer vers le cloud.

Il s’agit de l’un des plus importants contrats publics jamais lancés dans le champ de la santé numérique en France. L’objectif : consolider les systèmes historiques de l’ANS, les moderniser et assurer leur continuité opérationnelle pour les cinq à dix années à venir.

Huit lots, une architecture contrainte

Le marché est structuré en huit lots indépendants, chacun faisant l’objet d’un accord-cadre multi-attributaires. Un même prestataire — seul ou en groupement — ne peut se voir attribuer plus de trois lots. Si plusieurs lui sont accordés au-delà de ce plafond, seuls les trois dont la valeur estimée est la plus élevée lui reviennent.

Parmi les composantes identifiées :

  • Lot 1 – Identification électronique : enveloppe maximale de 48 millions d’euros, couvrant les outils d’identification des professionnels de santé (carte CPS, e-CPS, Pro Santé Connect). Ce lot ne requiert pas la certification HDS.
  • Lot 5 – Services liés aux urgences : ce lot exige une qualification SecNumCloud, délivrée par l’ANSSI, témoignant de la criticité des données traitées dans ce périmètre.

Des exigences de souveraineté au premier plan

À l’exception des lots 1 et 3, tous les composants devront être hébergés par des prestataires titulaires de la certification Hébergeur de Données de Santé (HDS). Cette exigence s’inscrit dans la continuité de la doctrine nationale de souveraineté numérique, renforcée ces derniers mois par plusieurs décisions structurantes : la migration de la Plateforme des données de santé vers Scaleway, la publication du décret SREN et les obligations croissantes imposées aux opérateurs de santé numérique.

La mention de SecNumCloud pour le lot des services d’urgence envoie un signal fort : l’ANS entend garantir un niveau de protection maximal pour les données les plus sensibles, en imposant des standards comparables à ceux requis pour les systèmes d’information d’importance vitale (SIIV).

Un contrat de longue durée aux enjeux stratégiques

Les accords-cadres seront conclus pour une durée de 6 ans, ou de 4 ans avec une option de renouvellement tacite de 2 ans. Cette durabilité garantit la stabilité des prestataires retenus, mais implique des engagements importants sur le maintien des certifications, l’évolution technologique et la continuité de service.

Pour le marché de la santé numérique, cet appel d’offres constitue un catalyseur : hébergeurs certifiés HDS, intégrateurs de systèmes d’identification, éditeurs de portails de santé et opérateurs cloud souverain vont se positionner dans les prochaines semaines. Le SI-cœur de l’ANS sert de colonne vertébrale à des dispositifs utilisés quotidiennement par des millions de professionnels de santé — répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS), Pro Santé Connect, Mon Espace Santé, e-CPS — ce qui confère à ce marché une portée qui dépasse largement la sphère des marchés publics classiques.

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