• Reglementation

Premier code RGPD transnational pour la recherche clinique : l'Europe harmonise les données de santé

La CNIL a approuvé le premier code de conduite RGPD transnational dédié à la recherche clinique, reconnu dans les 27 États membres de l'UE — une avancée structurante pour tous les acteurs traitant des données de santé à des fins de recherche.

Équipe ASN

Équipe ASN

Application Santé Numérique

Premier code RGPD transnational pour la recherche clinique : l'Europe harmonise les données de santé

Un cadre réglementaire historique pour la recherche clinique en Europe

Le 13 avril 2026 marque une étape décisive dans la gouvernance européenne des données de santé : la CNIL a approuvé le premier code de conduite RGPD transnational spécifiquement élaboré pour le secteur de la recherche clinique. Validé et reconnu dans l’ensemble des 27 États membres de l’Union européenne, ce code représente une rupture avec la fragmentation réglementaire qui caractérisait jusqu’ici le traitement des données de santé à des fins de recherche.

Pourquoi ce code était-il nécessaire ?

Le RGPD, entré en vigueur en 2018, a été conçu principalement pour encadrer les activités commerciales des entreprises traitant des données personnelles. Or, la recherche clinique répond à une logique radicalement différente : les données y sont collectées dans un intérêt public, les participants sont soumis à des protocoles stricts, et les règles de confidentialité doivent coexister avec les impératifs de reproductibilité scientifique et de partage des résultats.

Face à cette inadéquation, les acteurs de la recherche — laboratoires pharmaceutiques, CHU, CRO (Contract Research Organizations), promoteurs académiques — se trouvaient confrontés à des interprétations nationales divergentes du RGPD, rendant difficile la conduite d’études multicentriques à l’échelle européenne.

Ce que change concrètement le nouveau code

Le code de conduite transnational :

  • Adapte les exigences du RGPD aux spécificités de la recherche clinique (essais cliniques, études observationnelles, cohortes)
  • Harmonise les pratiques entre les 27 États membres, supprimant les frictions juridiques pour les études multicentriques
  • Définit des règles communes sur le consentement, la durée de conservation des données, les transferts internationaux et les droits des participants
  • S’applique à tous les opérateurs — sponsors, CRO, sites investigateurs — dès lors qu’ils traitent des données de santé dans un cadre de recherche clinique

Un levier pour la compétitivité de la recherche européenne

Au-delà de la mise en conformité, ce code constitue un atout stratégique pour l’attractivité de l’Europe en matière de recherche clinique. En simplifiant les obligations réglementaires pour les études multicentriques, il réduit les délais de mise en place des essais et diminue les coûts de conformité — des facteurs décisifs face à la concurrence internationale des États-Unis et de l’Asie.

Pour la France, dont la CNIL a joué un rôle central dans l’élaboration et la validation de ce texte, c’est aussi l’occasion de confirmer son positionnement de référence dans la gouvernance européenne des données de santé.

Prochaines étapes pour les acteurs français

Les organismes de recherche clinique opérant en France devront évaluer leur conformité au regard de ce nouveau référentiel. Les directions juridiques et les délégués à la protection des données (DPO) des établissements de santé et des industriels devront intégrer ce cadre dans leurs processus de gouvernance dès à présent.

La CNIL devrait publier des orientations pratiques pour accompagner la mise en œuvre. Pour les promoteurs d’essais cliniques, c’est aussi l’occasion d’harmoniser leurs contrats avec les sites investigateurs européens autour d’un socle réglementaire commun.

Sources

Contact

Contactez un expert en santé numérique

Vous avez un projet d'application santé ? Notre équipe d'experts vous accompagne dans la conception et le développement de solutions numériques innovantes.