- Innovation
Galeon refuse une offre de rachat à 60 M€ pour préserver son indépendance
L'éditeur français de dossier patient nativement pensé pour l'IA a décliné une offre de rachat de 60 millions d'euros, préférant lever 6 millions auprès de sa communauté pour préserver son indépendance et la souveraineté des données qu'il héberge.
Équipe ASN
Application Santé Numérique
L’éditeur annécien Galeon a annoncé le 11 septembre 2026 avoir refusé une offre de rachat de 60 millions d’euros, préférant clôturer un tour de financement participatif de 6 millions d’euros pour accélérer son développement en toute indépendance. Une décision qui interroge directement le modèle de financement des acteurs français de la e-santé, à l’heure où la souveraineté numérique s’impose comme critère de choix pour les établissements de soins.
Un dossier patient “nativement IA” déployé dans 19 hôpitaux
Dix ans après sa création, Galeon équipe aujourd’hui 19 établissements de santé d’un dossier patient informatisé (DPI) complet et souverain, utilisé quotidiennement par plus de 10 000 professionnels de santé et centralisant plusieurs millions de dossiers. Contrairement aux DPI historiques, la plateforme est conçue pour que les données saisies soient immédiatement structurées et exploitables par l’intelligence artificielle, alors que la majorité des données hospitalières françaises restent aujourd’hui peu ou pas structurées.
L’Hôpital Saint-Joseph de Marseille, qui a déployé la solution en seulement neuf mois pour couvrir l’ensemble du parcours patient - de l’hospitalisation au bloc opératoire, des urgences à la réanimation, jusqu’à la maternité - illustre cette dynamique de déploiement rapide chez des établissements exigeants.
Refuser 60 millions pour lever 6 millions
Plutôt que d’accepter une offre de rachat de 60 millions d’euros dont l’origine n’a pas été rendue publique, Galeon a choisi de boucler cet été un financement de 6 millions d’euros reposant sur sa communauté de “pionniers” et soutenu par Bpifrance. Selon Loïc Brotons, cofondateur et directeur général de Galeon, “le succès de cette levée nous permet d’accélérer en conservant notre ADN d’innovation et d’indépendance.”
Ce choix du financement participatif plutôt que d’une levée en capital-risque classique, déjà emprunté par l’entreprise à plusieurs reprises depuis sa création, vise explicitement à éviter la dilution du capital et la perte de contrôle sur la trajectoire de l’entreprise - et donc sur les données de santé qu’elle héberge. Les fonds serviront à renforcer les équipes produit et déploiement, avec un objectif de rentabilité fixé à fin 2027. L’entreprise, qui emploie une quarantaine de collaborateurs, met en avant sa certification HDS et sa certification ISO 27001 comme garanties de conformité RGPD et de protection contre des législations extraterritoriales.
Un signal pour l’écosystème de la e-santé française
Cette opération intervient alors que la question de la souveraineté des données de santé structure une part croissante des décisions d’achat des hôpitaux publics comme privés, entre exigences de certification HDS, montée en puissance de SecNumCloud et vigilance accrue vis-à-vis des solutions hébergées par des acteurs soumis à des juridictions extra-européennes. Le refus d’une offre de rachat à 60 millions d’euros - soit dix fois le montant levé en financement participatif - illustre la tension entre logique de valorisation financière à court terme et volonté de conserver un contrôle nationale sur des infrastructures critiques pour le système de santé.
Pour l’écosystème des éditeurs français de dossier patient informatisé, l’épisode Galeon constitue un cas d’école suivi de près, alors que plusieurs établissements s’interrogent sur la pérennité et l’indépendance de leurs futurs fournisseurs de DPI dans un marché en pleine consolidation.
Sources
Contactez un expert en santé numérique
Seuls les champs marqués d'un astérisque sont nécessaires. Les autres sont facultatifs : ils nous permettent de préparer l'échange et de vous répondre sur le fond dès la première réponse.