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IA à l'hôpital : l'enquête HOURAA révèle le fossé entre usages individuels et projets structurés

L'enquête menée par le GCS HOURAA auprès de 2 509 professionnels des CHU de Lyon, Grenoble, Saint-Étienne et Clermont-Ferrand révèle un décalage massif entre l'adoption individuelle de l'IA et sa structuration institutionnelle.

Équipe ASN

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IA à l'hôpital : l'enquête HOURAA révèle le fossé entre usages individuels et projets structurés

Le Groupement de Coopération Sanitaire HOURAA, qui réunit les CHU de Lyon, Grenoble, Saint-Étienne et Clermont-Ferrand, a publié les résultats d’une vaste enquête sur les usages de l’intelligence artificielle par les professionnels de santé. Menée par sa commission Recherche-Innovation-Data-IA auprès de 2 509 répondants sur un effectif total de près de 48 000 agents, l’étude dresse un constat sans appel : l’IA s’est diffusée dans les pratiques quotidiennes bien plus vite que les dispositifs censés l’encadrer.

Un usage individuel déjà massif

46,1 % des professionnels interrogés déclarent utiliser l’IA à titre individuel, principalement pour la rédaction (24,1 %) et la recherche d’information (24,1 %). Le gain de temps est cité par 41,7 % des répondants comme premier bénéfice. Mais ce chiffre contraste violemment avec le niveau de maturité déclaré : seuls 17,7 % des professionnels se considèrent « avancés » ou « experts » dans l’usage de ces outils.

Une structuration institutionnelle très en retard

Face à cette adoption spontanée, la réponse organisationnelle reste embryonnaire : 3,5 % seulement des répondants participent à un projet collectif d’IA au sein de leur établissement, et à peine 7,6 % connaissent l’existence d’une charte institutionnelle encadrant ces usages. Ce déséquilibre nourrit le phénomène de « shadow AI » — l’utilisation d’outils non référencés, souvent sur des terminaux personnels, échappant à tout contrôle de sécurité informatique. Plus de la moitié des professionnels (51,5 %) expriment d’ailleurs des craintes éthiques et juridiques quant à ces usages non encadrés.

Les priorités identifiées par HOURAA

Le rapport formule quatre axes de travail pour combler ce fossé :

  1. Renforcer l’acculturation et la formation des équipes
  2. Développer des communautés de pratiques inter-établissements
  3. Sécuriser le cadre juridique et éthique des usages
  4. Accompagner les projets pilotes vers l’industrialisation

Un signal qui dépasse l’Auvergne-Rhône-Alpes

Cette enquête régionale résonne avec une dynamique nationale : UniHA, la Centrale d’achat de l’informatique hospitalière et la Fédération hospitalière de France ont annoncé fin juillet la fusion de leurs propres baromètres IA, dont les résultats sont attendus à l’automne. Plusieurs CHU, comme celui de Poitiers avec son assistant MedGPT, ont par ailleurs déjà choisi de répondre au shadow AI en proposant des alternatives maîtrisées plutôt qu’en tentant de bloquer l’accès aux outils. L’enquête HOURAA vient documenter, chiffres à l’appui, l’urgence de cette bascule : l’enjeu n’est plus de savoir si l’IA doit entrer à l’hôpital, mais comment les directions numériques peuvent reprendre la main sur des usages déjà largement installés.

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