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Numérique en santé : DNS, DGOS, AIS et Mission Article 51 unifiées dans une nouvelle direction centrale
Le gouvernement annonce la création d'une nouvelle direction d'administration centrale regroupant la DNS, la sous-direction R&I de la DGOS, la Mission Article 51 et l'AIS, dans le cadre du programme État efficace.
Équipe ASN
Application Santé Numérique
Le gouvernement vient de valider l’une des réformes institutionnelles les plus structurantes pour l’écosystème du numérique en santé : la fusion de quatre entités clés de l’État en une seule direction d’administration centrale. L’annonce, faite par le cabinet de la ministre Stéphanie Rist, marque une inflexion majeure dans la gouvernance nationale du secteur.
Quatre structures réunies sous un même toit
La nouvelle direction regroupera :
- La Délégation au numérique en santé (DNS), pilier de la stratégie nationale et co-auteure de la doctrine annuelle du numérique en santé ;
- La sous-direction recherche et innovation de la DGOS (Direction générale de l’offre de soins), qui supervise les politiques d’innovation hospitalière ;
- La Mission Article 51, chargée du suivi et de l’évaluation des expérimentations de nouveaux modes de financement des soins ;
- L’Agence de l’innovation en santé (AIS), jusqu’alors rattachée au Secrétariat général pour l’investissement (SGPI).
Ces quatre entités constituent aujourd’hui les principaux leviers de l’État sur les axes recherche, innovation et numérique dans le champ sanitaire. Leur rapprochement sous une direction unifiée vise à mettre fin à des cloisonnements qui nuisaient à leur efficacité collective.
”À moyens constants” : une mutualisation sans création de postes
Le cabinet de Stéphanie Rist a tenu à dissiper toute ambiguïté sur le périmètre budgétaire de l’opération : “On ne crée rien, il n’y a pas un seul poste supplémentaire par rapport à ce qui préexistait.” La réorganisation ne génère pas de ressources nouvelles ; elle réordonne l’existant.
Environ une centaine de collaborateurs seront physiquement regroupés dans un même lieu. Ce co-pilotage géographique est présenté comme un levier concret pour fluidifier les échanges et les prises de décision entre des équipes qui, jusqu’ici, évoluaient dans des périmètres institutionnels distincts.
Le programme “État efficace” en ligne de mire
Cette mutualisation s’inscrit dans le programme “État efficace” lancé en septembre 2025 par le Premier ministre Sébastien Lecornu. L’objectif est de rationaliser l’organisation de l’administration publique sans alourdissement budgétaire. La création de cette nouvelle direction figure parmi les “premiers axes validés” du programme.
Le cabinet a résumé l’intention : “réorganiser des structures existantes qui ne se parlaient plus ou étaient individualisées pour en faire une direction cohérente.” Le constat d’un déficit de coordination entre la DNS, la DGOS et l’AIS était partagé de longue date par les acteurs du secteur.
Une réforme de gouvernance à fort impact sectoriel
Pour les industriels, les établissements de santé et les startups, cette fusion est loin d’être un simple remaniement administratif. La Mission Article 51 et la sous-direction R&I de la DGOS constituent deux portes d’entrée majeures pour les porteurs de projets innovants. Leur intégration dans la même structure que la DNS — qui cadre les référentiels et les interopérabilités — pourrait accélérer le passage de l’expérimentation au déploiement généralisé.
Cette réforme intervient par ailleurs alors que la DNS elle-même reconnaît, lors de son comité de suivi du 15 avril, que le Ségur numérique doit désormais “passer du déploiement d’outils à leur utilisation quotidienne”. La nouvelle direction hérite donc à la fois d’un chantier de consolidation et d’une mission d’accélération des usages.
Sources
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