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Gouvernance de l'IA en santé : l'OMS Europe alerte sur l'exclusion des patients

Présentée au congrès HIMSS Europe 2026 à Copenhague, une étude de l'OMS Europe révèle que les patients sont quasi-absents des processus décisionnels liés au déploiement de l'IA en santé dans la plupart des 50 pays étudiés.

Équipe ASN

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Gouvernance de l'IA en santé : l'OMS Europe alerte sur l'exclusion des patients

Au congrès HIMSS Europe qui s’est tenu à Copenhague du 19 au 21 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé Europe a tiré la sonnette d’alarme : dans la grande majorité des pays, les patients sont quasiment exclus des décisions relatives au déploiement de l’intelligence artificielle dans les systèmes de santé.

Un déséquilibre flagrant dans les consultations

David Novillo Ortiz, responsable des données, de l’IA et de la santé numérique à l’OMS Europe, a présenté les résultats d’une étude portant sur 50 pays (dont plusieurs nations d’Asie centrale), conduite en 2025. Les chiffres interpellent :

  • 36 pays ont associé des parties prenantes à la gouvernance de l’IA en santé
  • 15 pays seulement ont consulté les associations de patients
  • 8 pays ont impliqué le grand public dans les processus décisionnels

À l’inverse, les institutions gouvernementales, les professionnels de santé et les développeurs d’IA sont « presque systématiquement associés » aux décisions. Ce déséquilibre n’est pas anodin : selon l’OMS Europe, l’absence de consultation des patients risque de creuser les inégalités d’accès, de freiner l’adoption des outils et de générer des systèmes inadaptés aux réalités du terrain.

Une gouvernance encore balbutiante à l’échelle mondiale

Au-delà de la consultation des patients, l’étude dresse un tableau préoccupant de la maturité des gouvernances nationales sur l’IA en santé :

  • Seulement 4 pays disposaient d’une stratégie dédiée à l’IA en santé au moment de l’étude : Andorre, Finlande, Slovaquie et Suède. La France a rejoint ce groupe fin 2025, devenant l’un des rares États membres à s’être dotés d’une approche sectorielle dédiée.
  • 19 pays sur 50 ne disposent d’aucune recommandation éthique applicable à l’IA en santé.
  • Seulement 5 pays ont créé une agence de régulation spécialisée pour l’IA en santé : Autriche, Espagne, Ouzbékistan, Russie et Tadjikistan.

Pour Novillo Ortiz, le message est sans équivoque : « La gouvernance est la clé, et le composant le plus important du déploiement de l’IA. »

La France parmi les bons élèves, mais des angles morts persistent

Avec l’adoption de sa stratégie nationale de l’IA en santé fin 2025, la France se positionne parmi les pays les plus avancés sur le plan de la gouvernance formelle. Cette démarche, portée par la Délégation au numérique en santé (DNS), s’inscrit dans le cadre de la doctrine numérique en santé et des obligations européennes issues de l’AI Act.

Cependant, la question de la consultation des patients reste un angle mort à combler, y compris en France. Les travaux en cours de la HAS et de la CNIL pour encadrer l’IA dans les parcours de soins devront nécessairement intégrer cet impératif de co-construction avec les usagers du système de santé.

Vers une refonte des processus de gouvernance

Ces résultats présentés à HIMSS Europe plaident pour une évolution profonde des pratiques : placer l’expérience patient au cœur des choix technologiques, et non en périphérie. L’OMS Europe devrait publier prochainement des recommandations spécifiques à destination des États membres pour combler ces lacunes structurelles dans la gouvernance de l’IA en santé.

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