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Télé-expertise en Auvergne-Rhône-Alpes : l'activité multipliée par quatre en 17 mois

L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes tire un premier bilan très positif de son appel à projets télé-expertise : 13 structures accompagnées, une activité multipliée par quatre en 17 mois et plus de 40 spécialités médicales couvertes.

Équipe ASN

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Télé-expertise en Auvergne-Rhône-Alpes : l'activité multipliée par quatre en 17 mois

Longtemps restée dans l’ombre de la téléconsultation, la télé-expertise médicale s’impose progressivement comme un levier concret contre les inégalités territoriales d’accès aux soins spécialisés. En Auvergne-Rhône-Alpes, le bilan intermédiaire de l’appel à projets régional lancé par l’Agence régionale de santé (ARS) en 2024 confirme cette dynamique, avec une activité multipliée par quatre en un peu plus d’un an.

Un appel à projets pour structurer une pratique encore marginale

Si la téléconsultation a connu une croissance rapide depuis la crise sanitaire, la télé-expertise - qui permet à un professionnel de santé de solliciter l’avis à distance d’un confrère spécialiste, sans que le patient ne soit nécessairement présent - restait, elle, largement sous-exploitée. Pour y remédier, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes a lancé fin 2024 un appel à projets doté d’une enveloppe de plus de 630 000 euros, avec l’appui du GCS Sara, groupement régional chargé du numérique en santé.

Sur 42 candidatures reçues, 13 projets ont été retenus, associant CHU (Grenoble, Lyon, Saint-Étienne), centres hospitaliers de proximité et équipes de soins spécialisés. La méthode imposée aux porteurs de projet suit une logique en deux temps : structurer d’abord une offre de télé-expertise sur des spécialités pilotes, comme la dermatologie ou l’endocrinologie, avant de l’étendre progressivement à d’autres champs médicaux, en veillant à ce que le dispositif s’intègre au parcours de soins existant plutôt que de s’y substituer.

Une activité multipliée par quatre, plus de 40 spécialités couvertes

Selon le bilan publié le 21 août par Hospimedia, l’accompagnement des 13 structures lauréates a permis de multiplier par quatre leur activité de télé-expertise en 17 mois, avec des usages désormais recensés dans plus de 40 spécialités médicales - contre une quinzaine de champs identifiés au lancement du programme. Parmi les projets soutenus figurent notamment ceux du Centre Léon Bérard, portant sur la dermatologie et les tumeurs de l’appareil locomoteur, du CH Le Vinatier en psychiatrie, ou encore du CH d’Ardèche méridionale en gériatrie et gérontopharmacologie.

L’objectif affiché par l’ARS est désormais de pérenniser ces usages au-delà de la phase de financement, prévue jusqu’au 30 juin 2026, pour ancrer durablement la télé-expertise dans les pratiques courantes des établissements et des professionnels de ville. L’enjeu est de taille dans une région marquée, comme beaucoup de territoires français, par une répartition inégale de l’offre de soins spécialisés : en réduisant les délais d’obtention d’un avis d’expert et en évitant des déplacements parfois longs, la télé-expertise agit directement sur l’accès aux soins dans les zones les moins bien dotées en spécialistes.

Un signal pour les autres régions

Ce type de bilan chiffré, encore rare sur ce segment spécifique de la télésanté, pourrait servir de référence pour d’autres ARS engagées dans des démarches similaires de structuration de la télé-expertise, à l’heure où la feuille de route nationale du numérique en santé continue de faire de la réduction des inégalités territoriales une priorité.

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