Fondateur de Dinno, agence de développement d'applications de santé
Révision réglementaire :
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En bref
Quatre questions suffisent à qualifier la grande majorité des situations : les données sont-elles des données de santé à caractère personnel ? Ont-elles été recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi médico-social ? Les hébergez-vous pour le compte d'un tiers ? Et exercez-vous une activité d'hébergement au sens du référentiel ? Le point de bascule le plus fréquent n'est pas la nature des données, c'est le contexte de leur recueil.
Arbre de décision : votre service est-il soumis à l'obligation HDS ?
Quatre questions fondées sur l'article L.1111-8 du code de la santé publique. Le résultat est une orientation argumentée : la qualification définitive dépend de vos flux réels et de vos engagements contractuels.
Votre service manipule-t-il des données de santé à caractère personnel ?
Pensez large : un motif de rendez-vous, une spécialité consultée, une liste de médicaments ou une donnée d'activité interprétée dans un contexte de suivi révèlent un état de santé.
Ces données sont-elles recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi médico-social ?
C'est le critère le plus discriminant. Une application de bien-être grand public autonome peut être hors périmètre ; la même donnée recueillie dans un suivi assuré par un professionnel ne l'est plus.
Hébergez-vous ces données pour le compte d'un tiers — professionnel, établissement ou autre organisme ?
Un établissement qui gère son propre système d'information n'est pas tenu de se certifier. Mais vous, prestataire hébergeant ses données, êtes bien dans le champ.
Assurez-vous vous-même l'infrastructure, l'administration du système ou les sauvegardes pour le compte de vos clients ?
C'est la question qui détermine qui doit être certifié : vous, ou votre fournisseur d'hébergement.
L'obligation HDS ne s'applique probablement pas
Sans données de santé à caractère personnel, l'article L.1111-8 n'est pas déclenché. Le RGPD, lui, s'applique dès qu'il y a des données personnelles. Vérifiez toutefois le détail de vos données : la frontière est souvent plus fine qu'il n'y paraît, et un simple motif de rendez-vous peut révéler un état de santé.
Hors périmètre aujourd'hui — mais probablement pas demain
Un usage bien-être grand public autonome peut rester hors du champ. Le basculement se produit au premier partenariat avec un établissement, un réseau de soins ou un professionnel qui utilise vos données dans une prise en charge. Si c'est votre trajectoire commerciale, construisez dès maintenant comme si l'obligation s'appliquait : le surcoût est marginal aujourd'hui, c'est une migration ensuite.
À vérifier : l'hébergement pour compte de tiers est le critère
L'obligation vise l'hébergement pour le compte de tiers. Un établissement gérant son propre système d'information n'est pas tenu de se certifier. Mais la notion de « propre compte » est plus étroite qu'elle n'en a l'air dès que des professionnels externes, des partenaires ou des patients d'autres structures utilisent le service.
Vous êtes concerné — via un hébergeur certifié
L'obligation s'applique, et la bonne réponse est de vous appuyer sur un hébergeur déjà certifié HDS plutôt que de vous certifier vous-même. Deux points à traiter sérieusement : le périmètre exact du certificat de votre fournisseur au regard de ce que vous n'assurez pas, et la matrice de responsabilités à contractualiser. Rappel utile : le certificat couvre l'hébergement, pas la sécurité de votre application, qui relève de la PGSSI-S.
Vous exercez peut-être une activité d'infogérance
Administrer le système d'information ou réaliser les sauvegardes pour le compte de vos clients relève de l'activité d'hébergeur infogéreur. Cela ne signifie pas automatiquement que vous devez vous certifier — cela dépend de la répartition exacte avec votre fournisseur. C'est précisément l'ambiguïté que le référentiel entré en vigueur en novembre 2024 a entrepris de clarifier, et c'est une situation à instruire sérieusement avant qu'un client ne la soulève en audit.
Commencez par établir qui fait quoi
Ne pas savoir précisément qui assure l'infrastructure, l'administration et les sauvegardes est le point de départ le plus fréquent — et c'est aussi le document que votre premier client sérieux vous demandera en audit. Une matrice de responsabilités explicite entre vous et votre hébergeur est le préalable à toute conclusion sur l'obligation HDS.
Mon service doit-il être hébergé HDS ? L'arbre de décision
« Est-ce que mon appli doit être en HDS ? » est la question qui revient le plus souvent au démarrage d’un projet de santé. Elle a une réponse structurée, et elle tient en quatre questions.
Question 1 — Manipulez-vous des données de santé à caractère personnel ?
Une donnée de santé n’est pas seulement un diagnostic. Sont concernées les données relatives à la santé physique ou mentale, passée, présente ou future, y compris celles qui révèlent un état de santé par déduction.
Les cas évidents : résultats d’examens, prescriptions, comptes rendus, constantes, antécédents.
Les cas que l’on sous-estime : une prise de rendez-vous dans un service spécialisé (elle révèle une pathologie), une liste de médicaments, un motif de consultation, une donnée d’activité physique interprétée dans un contexte médical.
Si la réponse est non, l’obligation HDS ne s’applique pas. Passez néanmoins à la question du RGPD, qui, lui, s’applique dès qu’il y a des données personnelles.
Question 2 — Dans quel contexte ont-elles été recueillies ?
C’est le critère le plus discriminant, et celui que la plupart des porteurs de projet oublient. Le texte vise les données recueillies à l’occasion d’activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi médico-social.
C’est ici que se joue la différence entre une application de bien-être et une application de santé. La même mesure — un rythme cardiaque, un poids, un score de sommeil — peut être hors périmètre dans un usage grand public autonome, et dans le périmètre dès qu’elle est recueillie dans le cadre d’un suivi assuré par un professionnel.
Conséquence stratégique : un produit peut naître hors périmètre et y entrer dès son premier partenariat avec un établissement ou un réseau de soins. Si c’est votre trajectoire commerciale, la bonne décision est de construire dès le départ comme si l’obligation s’appliquait.
Question 3 — Hébergez-vous pour le compte d’un tiers ?
L’obligation vise l’hébergement pour le compte de tiers. Un établissement de santé qui gère son propre système d’information n’a pas à être certifié.
En revanche, dès que vous hébergez les données d’un professionnel, d’un établissement ou d’un autre organisme, vous êtes dans le champ — y compris si vos utilisateurs finaux sont des patients, dès lors que les données sont traitées pour le compte du professionnel qui les prend en charge.
Question 4 — Exercez-vous réellement une activité d’hébergement ?
C’est la question qui détermine qui doit être certifié, vous ou votre fournisseur.
Le référentiel distingue l’hébergeur d’infrastructure physique — sites physiques et infrastructure matérielle — de l’hébergeur infogéreur — infrastructure virtuelle, administration du système d’information, sauvegarde externalisée.
Un éditeur SaaS classique, qui déploie son application chez un fournisseur certifié sans exercer lui-même ces activités, n’a pas à se certifier : c’est le certificat de son fournisseur qui répond à l’obligation. Mais la frontière se déplace dès que vous assurez vous-même l’administration ou les sauvegardes pour le compte de vos clients — c’est le point que le référentiel de 2024 a précisément entrepris de clarifier.
Les trois erreurs de qualification les plus fréquentes
« Nous ne stockons pas de données médicales, seulement des données administratives. » Vérifiez le détail. Un motif de rendez-vous, un service de destination, une liste de praticiens consultés sont des données révélant l’état de santé.
« Nous sommes hébergés chez un fournisseur certifié, donc nous sommes conformes. » Vous répondez à l’obligation d’hébergement. Vous ne répondez ni aux exigences de sécurité applicatives, ni au RGPD, ni au statut réglementaire éventuel de votre logiciel.
« Nous verrons ça plus tard, quand nous aurons des clients. » C’est la décision la plus coûteuse. À ce stade, la mise en conformité devient une migration.
Si vous ne parvenez pas à trancher
C’est le cas le plus courant, et ce n’est pas un aveu d’incompétence : la qualification dépend de votre modèle de données, de vos flux et de votre positionnement commercial, pas d’une grille universelle. Ce qu’il faut éviter, c’est de trancher implicitement — en démarrant le développement sans avoir posé la question.
Questions fréquentes
Sources officielles
- Article L1111-8 du code de la santé publique — Légifrance
- Certification des hébergeurs de données de santé (HDS) — Agence du Numérique en Santé
- Qu'est-ce qu'une donnée de santé ? — CNIL
Qualification HDS
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Analyse de vos flux, qualification écrite au regard de l'article L.1111-8, et recommandation d'architecture si l'obligation s'applique.
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